Amiens « 50, chaussée Jules Ferry », diagnostic D. Gemehl, 2018, sur 250 m²

 

Ce diagnostic a été réalisé dans l'enceinte de l'établissement scolaire Saint-Acheul/Saint-Riquier, à l'angle extérieur sud-ouest du cloître disparu de l'ancienne abbaye Saint-Acheul.

 

Si cette abbaye a été érigée au XIe siècle, nous ne savons rien de ses premiers états, ni des églises originelles, ni de la façon dont elle a traversé le Moyen Âge et ses troubles répétés. Les bâtiments les plus anciens qui subsistent actuellement ne sont pas antérieurs au XVIIIe siècle. Au XIXe s., à l'occasion de divers travaux, des vestiges de différentes époques ont été vus à faible profondeur (un sol en dalle de terre cuite du cloître à 0,50 m par exemple).

 

Il semble que l'emprise du diagnostic se situe en bordure de la grande cour aménagée entre le chemin qui traversait l'abbaye et le cloître (dont l'aile occidentale est dédiée aux services communs), donc dans les espaces domestiques ou liés à la ferme de l'abbaye, mais aucun élément précis concernant ces parties ne nous est livré par la documentation.

 

La séquence archéologique reconnue est essentiellement composée de remblais dans lesquels sont détectés des restes de bâti répartis en une dizaine de phases de constructions et travaux, échelonnées entre le XVIe et le XXe siècle. Les sols et niveaux d'occupation correspondant sont presque toujours absents, détruits par les reconstructions

 

et nivellements répétés. Un premier groupe de maçonneries découvertes, qui se corrèle bien avec le plan cadastral de 1813, correspond à un bâtiment abbatial pré révolutionnaire, dont seule la façade était conservée en 1852 mais transformée en simple mur de clôture. Un deuxième groupe est à rattacher à des constructions et travaux des XVI-XVIIe siècles, de qualité douteuse (fondations faibles, matériaux hétéroclites, mise en œuvre sans soin, absence de mortier…). Aucun indice ne permet d'appréhender sa destination. Son organisation (plan et orientation) n'est pas reprise par les installations postérieures.

 

Bien qu'incomplets, ces vestiges ne sont pas sans intérêt au regard de notre totale méconnaissance archéologique du complexe abbatial, toutes périodes confondues.

 

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