Après midi à Epagnette

Mercredi après midi un petit groupe du Ciras a découvert les fouilles subaquatiques d'Epagnette.

L'épave a été découverte en 2002 et les fouilles ont repris en juin pour la troisième campagne. (voir notre article ici

Ce type de bateau à fond plat ne pouvait naviguer qu'en rivière et il a été construit dans un chantier le long de la Somme.

Le château d'Epagnette juste en face date du XVII-XVIIIè s.


Un balisage permet d'assurer la sécurité lors du passage de bateaux sur la Somme.

Eric Rieth le responsable des fouilles nous explique la technique des fouilles subaquatiques.

Comme pour un chantier en plein air il faut faire des relevés ; on  prend les mesures de tous les objets découverts, on fait le plan du bateau avec tous les détails, la position des clous, etc... Pour cela un gabarit est posé au-dessus de l'épave.

Cette année l'équipe étudie le chargement et la structure du bateau.

Sous l'eau la visibilité est de 80cm environ. Il y a beaucoup de feuilles et de sédiments.Sur les 14 à 16 m du bateau 12 sont conservés.

L'eau douce conserve bien les matériaux organiques ; l'équipe a retrouvé une quinzaine de mètres de cordage.

Les tuiles poreuses sont inutilisables après une semaine dans l'eau, c'est peut être une raison de l'abandon de la cargaison.

Il faut démonter le bateau. On fait des prélèvements pour voir comment sont réalisés les assemblages. Il faut découper les planches à la scie.

Il y a encore les traces des cordages de chanvre pour l'étanchéité.

Les planches se recouvrent et les pièces étaient assemblées par des rivets métalliques.

Le but de l'étude est aussi de retrouver la démarche du charpentier.

Une flèche a été gravée dans le bois

Pour l'étude de la cargaison les tuiles sont remontées par lots, numérotées et envoyés dans des sacs au laboratoire.

Les mesures permettent de voir comment les tuiles étaient empilées.

Le bateau transportait aussi des briquettes de tourbe qui occupaient toute la largeur.

Cette année une monnaie de cuivre a été découverte.

Elle est très usée mais on peut distinguer 3 fleurs de lis et un profil qui ressemble à Louis XVI, ce qui confirmerait la datation de l'épave. Elle est actuellement à l'étude au cabinet des médailles de la Bibliothèque Nationale.

Elle a été trouvée dans la cargaison, donc elle fait bien partie de l'épave et n'est pas venue de la rivière.

Le travail de la dendrochronologue Catherine Lavier permettra de dater le bateau par l'étude de la largeur des cernes, et aussi de retrouver comment était travaillé le bois, si toutes les parties viennent du même arbre, et de voir les traces des outils utilisés. On peut ainsi retrouver jusqu'à la forêt d'origine.

Les arbres utilisés, des chênes,  étaient jeunes, entre 20 et 60 ans.

Les cernes très larges révèlent une grande solidité. C'est du bois d'automne (au printemps les cernes sont plus étroites et il est moins solide à cause de la sève qui monte) bien adapté à cette utilisation.

Le bois n'était pas séché, il était utilisé tout de suite tant qu'il était encore souple, pour assurer plus facilement l'étanchéité.

Nous visionnons ensuite un film qui retrace le déroulement des fouilles pendant chaque campagne, ce qui nous permet de voir l'épave et son chargement sous l'eau et le travail des plongeurs.

Quelques images  de la visite...

Photos Françoise Payen - Ciras

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