Visite des fouilles subaquatiques d'Epagne Epagnette

Mercredi 12 juin le CIRAS a organisé une visite des fouilles subaquatiques de l'épave d'Epagne Epagnette sous la conduite d'Eric Rieth, responsable des recherches.

Cette épave découverte en 2002 repose parallèlement à la rive gauche de la Somme par 3 mètres de fond. A l'époque où le bateau a coulé la hauteur d'eau était plus faible. Le chemin de halage était en face et reprenait plus loin sur la rive opposée ; la maison qui se trouve sur le côté était peut-être celle du gardien du passage.

Les fouilles ont permis d'étudier l'architecture du bateau et de définir la structure générale de sa cargaison de tuiles. Les premiers résultats des datations dendrochronologiques des bois de la coque et des datations par thermoluminescence des tuiles permettent de dater l'épave du début du XVIIIè siècle.

 

Après une première année d'évaluation, et une première année de fouilles, cette année l'équipe dirigée par Eric Rieth poursuit l'étude de l'épave et de son chargement.On connaît les chalands de l'époque gallo-romaine mais on a peu de renseignements sur les bateaux de cette époque.C'est la première épave de ce type dans la région et même en France.

L'équipe se consacre à l'étude de la cargaison. Elle repose sur 11 mètres de long et 1m 20 de large.

Les tuiles proviennent d'Abbeville. Le bateau remontait vers Amiens, c'était probablement une commande pour une toiture, mais plus près d'Abbeville que d'Amiens car il y avait des tuileries à Amiens.

 

La fouille de cette année est consacrée à l'étude du chargement du bateau et à la disposition de la cargaison.

Il y avait 3 sortes de tuiles :

- des tuiles plates à crochets (les plus nombreuses). Elles étaient rangées emboîtées par lots de 20 pour éviter qu'elles ne se cassent.

- des tuiles arrondies

- des tuiles de faitage


Le bateau repose sur le flanc à l'horizontale et la cargaison a basculé. La forme du bateau est également étudiée. Les flancs étaient bordés à clins, des rivets métalliques traversent les deux épaisseurs des planches qui se recouvrent avec une sorte de rivet de l'autre côté.

Les planches du fond du bateau sont assemblées par des chevilles.


On a prélevé une bande de 40 cm pour étudier et faire des prélèvements des matériaux d'étanchéité : des matières organiques, du crin de cheval, de la paille étaient utilisés.

Photos Georges Meunier (Ciras)

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