Amiens. Cloître des Soeurs Grises Diagnostic sur 685 m². R. Jonvel (SAAM), 2018

 

 

C'est en 1486 que des sœurs du tiers ordre franciscain (sœurs grises) s'installèrent à Amiens, dans l'hôpital Saint-Nicolas-en-Coquerel, établissement fondé par le biais d’une donation pieuse (entre 1359 et 1380). Le couvent fut déclaré bien national à la Révolution française et fut vendu en 1793. Ce qu'il restait des bâtiments fut détruit au début de la Seconde Guerre mondiale, lors des bombardements allemands du 19 mai 1940. Les vestiges du cloître et la crypte sont protégés au titre des monuments historiques (inscription par arrêté du 18 décembre 1940), partiellement désinscrit en 1946 (église) et 1964 (porte). Il ne reste en élévation que les murs du cloître formant un quadrilatère qui sont intégrés aujourd'hui dans un jardin public, le square du cloître des sœurs grises.

 

Les niveaux archéologiques rencontrés concernent l’extrême fin du Bas-Empire (fin IVe – début Ve siècle), le haut Moyen Âge, le plein Moyen Âge et l’époque contemporaine. L’époque Moderne, pourtant marquée par l’édification du cloître au cours du troisième quart du XVIIe siècle, n'a pratiquement pas livré de vestiges.

 

Les hypothèses situent l’emplacement de l’angle nord-ouest du castrum du Bas-Empire au niveau du cloître. De fait, l’enceinte n’a pu être qu’entraperçue dans l'un des quatre sondages, masquée sous des apports de terre ne remontant pas avant le VIIIe siècle, à 2 m de profondeur. Ces niveaux d’occupation reposent sur des amas de pierres résultant de la démolition d’édifices antiques.

 

Un remaniement complet du secteur est attesté à partir du XIIIe siècle, à la suite d’une phase (fin XIe? - XIIe siècle) où les apports de terre sont conséquents. De puissantes maçonneries parallèles sont établies perpen­diculairement à la section nord de l’enceinte. Si l’une des maçonneries correspond aux bâtiments de l’hôpital-couvent, la fonction de la seconde maçonnerie demeure inconnue. Des niveaux de sols sont attestés.

 

A la fin du XVe siècle, lors du démantèlement de l'enceinte antique, cette maçonnerie est récupérée en profondeur. Les niveaux supérieurs correspondent aux niveaux de l’hôpital Saint-Nicolas-en-Coquerel à l’Epoque Moderne, puis du cloître.

 

L’occupation à l’époque contemporaine fait suite à la division par lot du couvent comme Bien National, le cloître et la chapelle survivant à cette période. Plusieurs activités se succèdent impliquant la construction de bâtiments en briques et matériaux légers à l’encontre du mur-bahut du cloître ainsi que de structures souterraines assez nombreuses impactant les occupations, plus particulièrement, dans l’angle du square actuel. Source : rapport de diagnostic

 

 

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