Amiens. 14 rue Robert de Luzarches. Diagnostic sur 1000 m². D. Gemehl (Inrap). 2018

 

Cette surveillance de travaux fait suite à un diagnostic réalisé en 2017, lequel a permis d'étudier des vestiges de la courtine est du castrum du Bas-Empire et de l’abbaye Saint-Martin-aux-Jumeaux, complètement démolie dans la 2e moitié du XIXe s., pour la construction du Palais de Justice (1860)

 

 

Le tronçon de rempart est une maçonnerie homogène haute de plus de 2,65 m et large de plus de 4 m, revêtue côté interne (seul parement conservé) d’un petit appareil cubique réglé, avec un ressaut de 10 cm juste sous la dernière assise conservée. A une vingtaine de mètres à l’ouest des niveaux (terres noires et terres à jardin) en rapport avec les occupations du castrum ont été aperçus, le premier horizon identifiable de la fin de l’antiquité se situant là à 3 m de profondeur. Les parties bien identifiées de l’abbaye mises au jour corroborent les plans disponibles. Il s’agit notamment du dortoir des Célestins du XVIIIe s., dont il ne reste que les fondations ; de l’aile sud du cloître, dont il reste surtout une immense cave ; de la galerie sud du cloître dont les trois derniers sols conservés sont en terre. les vestiges retrouvés n’étaient pas tous répertoriés sur la documentation ancienne : c’est le cas d’une puissante construction que le dortoir des célestins va partiellement oblitérer, et qui semble appartenir à un état de l’abbaye plus ancien que celui du cloître mis au jour. Les sondages montrent par ailleurs que la construction du Palais a généré, outre la démolition de l’existant, un dérasement général du terrain.

 

 

Les terrassements envisagés ne devant pas excéder 40 cm de profondeur, seule une surveillance de travaux a été prescrite. Elle a confirmé et précisé les résultats du diagnostic, avec notamment la détection de structures inattendues sur une zone que les plans connus montrent exempte d’aménagement.

 

Le tronçon de courtine du Bas Empire identifié en diagnostic a été reconnu dans le même secteur sur une longueur supplémentaire de 1,80 m. Il est dérasé ici jusqu’au niveau d’un lit de briques du parement interne, un ressaut plus bas que celui vu dans la plate bande voisine. La section de muraille préservée atteint donc une longueur totale de 6,50 m environ. Sa largeur est comprise entre 4 m et 4,80 m, mais ne peut être précisée davantage car le parement externe n’est pas conservé ou apparent au niveau du terrassement. Sa hauteur reste également à déterminer. La maçonnerie est constituée d'un blocage de moellons et fragments de moellons calcaire noyés dans un mortier de chaux sableux compact, dont le seul parement observable (parement interne) présente des ressauts (nombre et position dans l’élévation indéterminés, faute d’un dégagement intégral).

 

Les divers vestiges de l’ancienne abbaye Saint-Martin-aux-Jumeaux ne sont pas tous synchrones. L’état le plus ancien est représenté par deux murs perpendiculaires, en blocs de craie sans mortier, présents dans un secteur supposé vide d’aménagement, et contre l’un desquels sera ajoutée une petite pièce enterrée (1 x 2,5 m). Il est impossible de dire si un cloître est déjà construit à cette étape. Dans un second état, le premier ensemble est maintenu mais modifié. Il s’enrichit de constructions supplémentaires, dont un bâtiment tout à fait inconnu (19 x 6,40 m) qui oblitère partiellement un mur déjà en place, mais dont l’implantation respecte les axes directeurs définis à la phase antérieure. Le cloître semble alors défini, notamment par son bâtiment sud, élevé sur une vaste cave ou cellier (> 20 m x ± 6,50 m), et par une portion de mur de la galerie est. Sa morphologie et sa position sont celles qu’on lui connaît sur les plans du XIXe s. Des modifications ou (re)constructions se succèdent ensuite, d’ampleur difficile à évaluer, et diversement perceptibles ou interprétables : plusieurs structures construites inattendues sont ainsi repérées dans un secteur sensé libre de constructions, mais isolées et impossibles à rattacher à des périodes précises. Les vestiges les plus récents de l’abbaye corroborent quant à eux les plans des XVIIIe et XIXe s. Source : rapport de diagnostic.

 

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